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Que doit respecter le site internet d'un avocat ?
Le site d'un avocat obéit à des règles propres : un nom de domaine qui reprend le nom du cabinet, l'information du conseil de l'ordre, aucun témoignage client, un consentement aux cookies loyal. Mieux vaut les poser avant la première maquette.
Que dit le règlement intérieur sur le nom de domaine d'un avocat ?
Le nom de domaine doit comporter le nom de l'avocat ou la dénomination du cabinet, en totalité ou en abrégé, et peut être précédé ou suivi du mot « avocat ». C'est l'article 10.5 du règlement intérieur national, dont le Conseil d'État a confirmé la légalité.
La conséquence se voit dès la première réunion de cadrage. Un nom comme « avocat-divorce-lyon.fr » ou « fiscaliste-paris.com » est écarté, parce qu'il évoque de façon générique le titre ou un domaine du droit. Le barreau de Paris le rappelle et cite des décisions qui sanctionnent ces usages. Le nom de domaine se choisit donc avant la maquette, et au nom du cabinet. Il se réserve aussi au nom du cabinet, pas à celui du prestataire : la question est traitée dans l'article sur le site loué ou possédé.
Le même article 10.5 demande à l'avocat qui ouvre ou modifie substantiellement un site d'en informer sans délai le conseil de l'ordre. Une refonte complète entre dans ce cas. Le prestataire ne fait pas cette démarche, c'est un point à ajouter au planning du projet.
Quelles mentions un site d'avocat doit-il afficher ?
Un site professionnel doit identifier son éditeur et son hébergeur, et un site d'avocat y ajoute ce que sa profession attend, notamment le barreau d'inscription. Le détail se vérifie auprès de l'ordre du barreau, qui reste seul juge de la présentation.
Nous ne dressons pas ici de liste de mentions article par article, faute de source officielle relue pour ce passage. La méthode sûre pour un cabinet est de faire relire la page de mentions par le conseil de l'ordre ou par son propre conseil avant la mise en ligne.
Un site d'avocat peut-il afficher des avis clients ?
Non, pas de témoignage de clients mis en avant. Le Conseil national des barreaux écarte le témoignage, y compris sous la forme d'un widget d'avis Google intégré au site. La comparaison avec les deux autres professions est détaillée dans l'article sur les avis clients des avocats, CGP et notaires.
Pour le webdesigner, la règle retire un bloc classique des maquettes de cabinet : la bande de citations entre guillemets, avec prénom et photo. À la place, une page peut montrer ce qui se vérifie : l'année de prestation de serment, les domaines d'intervention, les publications du cabinet. L'expertise se démontre alors par le contenu du cabinet lui-même.
Cookies, statistiques et formulaire de contact
Un site d'avocat qui mesure son audience ou charge un outil tiers doit recueillir un consentement avant de déposer un traceur. La CNIL l'écrit sans détour : refuser les traceurs doit être aussi aisé que de les accepter, et la simple poursuite de la navigation ne vaut pas consentement.
Un formulaire de contact est plus sensible chez un avocat que chez un artisan. Le prospect y décrit parfois sa situation, un litige, un contrôle fiscal. Ces données arrivent dans une messagerie, parfois chez un hébergeur tiers. Le choix de l'outil, le chiffrement et la durée de conservation relèvent du même sérieux que les consignes de cybersécurité du CNB. Le plus simple reste souvent une adresse de contact et un numéro de téléphone, sans formulaire.
Ce que le site doit montrer en dix secondes
Une fois les contraintes posées, reste la raison d'être du site : un prospect arrive d'une recherche, parfois en situation d'urgence, et décide vite s'il appelle. Il lui faut trois informations visibles sans défiler : ce que fait le cabinet, où il se trouve, comment le joindre. La plupart des sites d'avocat les noient sous une phrase d'accueil sur « l'excellence » et « l'écoute ». Le registre sobre de notre approche de la déontologie en est l'inverse : un fait, une compétence, un contact.
La hiérarchie des pages suit la même logique. Une page par domaine d'intervention, rédigée pour la question que le prospect se pose, vaut mieux qu'une liste de quinze spécialités sur une seule page. Elle donne aussi à Google une page par requête, ce qui compte plus que n'importe quel réglage technique.
Comment un site d'avocat se fait trouver sur Google ?
Par ses pages de domaine, rédigées autour de la question qu'un justiciable tape. Un prospect cherche « contester un redressement fiscal » ou « rupture conventionnelle, quels recours », rarement le nom d'un cabinet qu'il ne connaît pas encore. Chaque page de domaine reprend donc sa question dans un intertitre et y répond en une phrase, avant de développer.
Le nom du cabinet, lui, s'installe par la fiche Google Business et par une page de présentation claire de l'équipe. Les trois pages à soigner en premier sont l'accueil, la présentation du cabinet et la page de contact. Les autres suivent, domaine par domaine, au rythme de la rédaction.
Les contraintes, poste par poste
| Poste du site | Contrainte | Quand la traiter |
|---|---|---|
| Nom de domaine | Nom de l'avocat ou du cabinet, pas de terme générique | Avant la maquette |
| Mise en ligne ou refonte | Information du conseil de l'ordre sans délai | Au planning du projet |
| Témoignages et widgets d'avis | Écartés par le CNB | À la conception des pages |
| Bannière de consentement | Refuser aussi simple qu'accepter | Avant le branchement des statistiques |
| Formulaire de contact | Données sensibles, hébergeur à choisir | Au cadrage technique |
Ce tableau est une lecture de studio, pas un avis juridique. Le règlement intérieur de votre barreau peut ajouter ses propres exigences, et le conseil de l'ordre reste l'interlocuteur pour les cas limites.
Combien de temps prévoir pour un site d'avocat conforme ?
Les contraintes ci-dessus ne rallongent pas le projet quand elles sont connues au départ. Elles le rallongent quand elles apparaissent en fin de parcours : un nom de domaine à changer, des témoignages à retirer, une bannière à refaire. Nous n'avançons pas de durée type, elle dépend du nombre de pages et de la rapidité des contenus à valider. Ce qui fait gagner du temps est de poser la liste ci-dessus dans le premier rendez-vous.
Un cabinet qui compare des prestataires peut leur poser une seule question pour les départager : lesquelles de ces contraintes figurent déjà dans leur proposition ? Celui qui répond au sujet du nom de domaine et des témoignages connaît la profession. Celui qui parle de « sites vitrines pour indépendants » a un gabarit. Si vous voulez voir comment nous travaillons avec les professions du droit et du patrimoine, la page d'accueil le résume.
Questions fréquentes
Un avocat peut-il avoir un site sans le déclarer à l'ordre ?
Non. L'article 10.5 du règlement intérieur national demande d'informer sans délai le conseil de l'ordre de l'ouverture du site ou de sa modification substantielle, et de lui communiquer les noms de domaine.
Peut-on utiliser « avocat » dans le nom de domaine ?
Oui, à condition que le nom de l'avocat ou du cabinet y figure aussi. Le mot « avocat » peut précéder ou suivre ce nom. Un domaine purement générique est écarté.
Un avocat peut-il publier des articles de conseil sur son site ?
Les publications du cabinet sont un moyen courant de montrer son expertise. Elles doivent respecter la déontologie de la profession, notamment la discrétion sur les dossiers de clients. En cas de doute, le conseil de l'ordre répond.
Faut-il une bannière de cookies sur un site d'avocat ?
Oui dès qu'un outil de mesure ou un service tiers dépose un traceur non essentiel. La CNIL demande que refuser soit aussi simple qu'accepter. Sans traceur, la bannière n'est pas nécessaire.
Un avocat fiscaliste a-t-il des règles différentes d'un autre avocat ?
Les règles de communication sont celles de la profession d'avocat, sans régime propre à la fiscalité. Le titre de spécialiste obéit à des conditions distinctes, à vérifier auprès de l'ordre.
Louis Denis, Orbe Studio
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