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Pourquoi un cabinet comptable en ligne prend vos clients
Le droit de faire de la publicité et de démarcher un prospect existe pour les experts-comptables depuis le décret du 18 août 2014. Les cabinets nés après cette date l'ont utilisé dès leur premier jour. Les cabinets installés avant gardent souvent le vieux réflexe de discrétion, alors que la règle a changé.
Une interdiction levée en 2014, pas hier
Pendant des décennies, un expert-comptable ne faisait pas de publicité. La profession vivait de la recommandation, du bouche-à-oreille, d'une plaquette envoyée aux notaires du quartier. Le code de déontologie cantonnait la communication à une information passive, sans démarchage actif vers qui que ce soit.
Le décret n° 2014-912 du 18 août 2014 a changé la donne, en modifiant l'article 152 du décret n° 2012-432 du 30 mars 2012. Depuis cette date, un expert-comptable peut faire de la publicité et proposer ses services à un prospect qui n'a rien demandé. Le texte pose quatre limites, pas une de plus : une communication décente et empreinte de retenue, un contenu exact, aucun risque d'induire le public en erreur, et l'absence de tout élément comparatif.
| Pratique | Statut depuis l'article 152 |
|---|---|
| Informer le public de son activité, sur un site ou ailleurs | Autorisé |
| Démarcher un prospect qui n'a rien demandé | Autorisé, avec discrétion et dans le respect de la déontologie |
| Comparer son cabinet à un confrère, nommé ou non | Interdit |
| Contenu inexact ou de nature à induire en erreur | Interdit |
| Communication sans décence ni retenue | Interdit |
Qui a saisi l'ouverture, et depuis quand
Douze ans, c'est le temps qu'il a fallu à une partie de la profession pour s'apercevoir que la règle avait changé. Un cabinet ouvert après 2014 n'a jamais connu l'ancien régime. Il a construit son site, sa fiche d'établissement et sa présence sur les réseaux comme une tâche ordinaire, au même rang que la tenue d'un dossier client.
Un cabinet installé avant cette date porte souvent une autre habitude, celle du silence. Le site existe, mais ressemble à une carte de visite numérique : une page d'accueil, un numéro de téléphone, rien qui réponde à une recherche précise. La fiche Google Business, quand elle existe, n'a parfois plus été touchée depuis sa création automatique. La compétence professionnelle n'y est pour rien. Seule l'habitude explique l'écart, et une habitude se corrige plus vite qu'un métier ne s'apprend.
Ce que ces cabinets font, concrètement
Trois pratiques reviennent d'un cabinet à l'autre, sans qu'aucune ne demande un budget disproportionné.
- Une fiche Google Business tenue à jour. Catégorie précise, horaires exacts, services listés un par un, questions fréquentes remplies. Un prospect qui compare deux fiches avant de choisir garde presque toujours celle qui répond à ses questions avant même le premier appel.
- Des pages qui répondent à une question, pas à une profession. Une page sur le prix d'une mission de bilan, une autre sur le passage en société, une troisième sur la facturation électronique. Chaque page vise une recherche précise, pas un slogan général.
- Des avis affichés, avec la mention que la loi impose. Le contrôle des avis, s'il existe, est décrit. La date de l'expérience client figure à côté de l'avis. Rien d'exceptionnel, mais rien de manquant non plus.
L'obligation qui s'applique aux avis, quel que soit le cabinet
Un cabinet qui affiche des avis clients sur son site, ou qui les fait remonter depuis sa fiche Google Business, entre dans le champ du décret n° 2017-1436 du 29 septembre 2017, en vigueur depuis le 1er janvier 2018. Le texte vise toute personne qui collecte, modère ou diffuse des avis de consommateurs, un site de cabinet compris, et pas seulement les grandes plateformes d'avis.
La DGCCRF résume l'obligation en une idée : une information loyale, claire et transparente sur la manière dont les avis sont recueillis et publiés.
| Point | Ce que dit le décret de 2017 |
|---|---|
| Contrôle des avis | Indiquer s'il existe, et le décrire s'il existe |
| Date | Afficher la date de publication et celle de l'expérience client |
| Classement | Préciser le critère retenu, notamment s'il est chronologique |
| Refus de publication | Communiquer le motif à l'auteur de l'avis refusé |
Trois chantiers pour rattraper l'écart, sans rien changer à la pratique
Revendiquer et compléter la fiche
Une fiche Google Business non revendiquée continue d'exister, sans que le cabinet en garde la main. La catégorie d'activité, les horaires, l'adresse exacte, la liste des services : chaque champ vide est une question à laquelle le prospect n'a pas de réponse avant d'appeler ailleurs.
Écrire les pages que le rendez-vous remplace
Les questions posées à chaque premier rendez-vous sont les pages qui manquent au site. Combien coûte une mission de tenue comptable. Ce qui change avec le passage en société. Comment se déroule la première année d'accompagnement. Écrites une fois, ces pages travaillent pendant que vous êtes chez un client.
Mettre l'affichage des avis en conformité
Si des avis figurent sur le site ou sur une page qui en fait la promotion, la mention du contrôle et des dates doit y figurer aussi. C'est une obligation légale, distincte de la déontologie de la profession, et elle s'applique que le cabinet ait 3 avis ou 300.
Ce qui reste interdit pendant que le reste s'ouvre
L'ouverture de 2014 n'a pas tout autorisé. La comparaison nommée avec un confrère reste hors champ, tout comme une communication qui gonfle un résultat ou qui laisse entendre une garantie de performance. Le cadre pose une limite nette : informer, oui ; comparer, non. Une fiche Google Business tenue à jour et des pages qui répondent à une vraie question restent, dans ce cadre, la partie la plus simple à corriger.
Cette logique rejoint celle que nous détaillons dans notre approche de la déontologie : la présence en ligne d'un professionnel du chiffre engage sa responsabilité, elle ne se traite pas comme un support marketing ordinaire.
Par où commencer cette semaine
Ouvrez votre fiche Google Business et comptez les champs restés vides. Puis reprenez les cinq dernières questions posées par un prospect au téléphone, et vérifiez si votre site y répond déjà. Ce sont les deux chantiers qui coûtent le moins de temps pour l'écart qu'ils comblent.
Nous détaillons la suite dans notre méthode de travail, et le premier contact d'un cabinet passe de plus en plus par ce que le prospect trouve avant d'appeler, un constat que nous développions déjà à propos des cabinets de gestion de patrimoine. Les prochains articles du blog reprendront chaque brique, une par une.
Questions fréquentes
Un expert-comptable a-t-il le droit de faire de la publicité ?
Oui, depuis le décret n° 2014-912 du 18 août 2014, qui a modifié l'article 152 du décret n° 2012-432 du 30 mars 2012. La communication doit rester décente, exacte et sans aucun élément comparatif.
Le démarchage d'un prospect qui n'a rien demandé est-il autorisé ?
Oui, sous condition. L'article 152 autorise cette prise de contact à condition qu'elle respecte les règles déontologiques et professionnelles de la profession, avec discrétion et sans porter atteinte à la dignité de la profession.
Un cabinet peut-il afficher des avis clients sur son site ?
Oui, mais depuis le 1er janvier 2018, le décret n° 2017-1436 du 29 septembre 2017 impose d'indiquer si ces avis font l'objet d'un contrôle, et de décrire les caractéristiques principales de ce contrôle s'il existe.
Un cabinet peut-il se comparer à un confrère sur son site ?
Non. L'article 152 exclut tout élément comparatif dans la communication d'un expert-comptable, quel que soit le support utilisé.
Par où un cabinet installé commence-t-il pour rattraper son retard en ligne ?
Par sa fiche Google Business, souvent incomplète ou jamais revendiquée, puis par les pages du site qui répondent aux questions posées en rendez-vous, avant de mettre l'affichage des avis en conformité avec le décret de 2017.
Une fiche Google Business engage-t-elle la déontologie du cabinet ?
Oui. Son contenu reste soumis aux mêmes exigences de décence, d'exactitude et d'absence de comparaison que tout autre support de communication du cabinet.
Louis Denis, Orbe Studio
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