Blog · Conseillers en gestion de patrimoine
Le blog fourni par votre prestataire ne vous sert à rien
Beaucoup de cabinets de gestion de patrimoine payent un blog dont chaque article est aussi publié, mot pour mot, chez des dizaines d'autres clients du même prestataire. Google n'affiche qu'une version de ce texte dans ses résultats. Rien ne garantit que ce soit la vôtre.
Un article, publié une fois pour tous les clients
Le modèle est courant chez les prestataires qui construisent des sites en série pour les cabinets de gestion de patrimoine. Le site est loué, le logo et les couleurs changent, mais le calendrier éditorial du blog est le même pour tout le portefeuille de clients. Un article sur la loi de finances, un autre sur l'assurance-vie, un troisième sur la transmission : le texte part le même jour vers des dizaines de sites différents, seul le nom du cabinet change dans l'en-tête.
Pour le prestataire, c'est une économie d'échelle logique : un rédacteur écrit une fois, le contenu se distribue partout. Pour le cabinet qui paye cet abonnement, la question est différente. Un blog existe pour être trouvé sur une requête que tape un client potentiel. Si cinquante autres cabinets tapent la même case dans le même CMS, cinquante sites répondent exactement à la même requête avec le même texte.
Ce que Google fait d'un texte publié cinquante fois
Google ne cache pas comment il traite les pages presque identiques. Sa documentation sur la consolidation des URL dupliquées explique que lorsqu'il détecte plusieurs versions d'un même contenu, il les regroupe et n'en retient qu'une pour représenter l'ensemble dans les résultats de recherche : Google Search Central précise qu'en l'absence d'indication contraire, « Google will identify which version of the URL is objectively the best version to show to users in Search ». Le regroupement sert aussi à consolider les signaux, comme les liens, « into a single, preferred URL ».
Cette page décrit d'abord des variantes d'URL au sein d'un même site, mais le principe qu'elle pose est plus large : un même texte, publié à plusieurs endroits, ne se multiplie pas aux yeux d'un moteur de recherche. Il se réduit à une version. Publier un article identique à celui de cinquante confrères ne fait donc pas gagner cinquante fois la visibilité. Cela ne garantit même pas une fois : rien n'indique que la version choisie par Google soit celle hébergée sur le site du cabinet plutôt que sur celui d'un concurrent, publié la veille ou le lendemain avec le même texte.
Contenu fourni ou contenu propre au cabinet, ce qui change
| Question | Article fourni en série | Article écrit pour le cabinet |
|---|---|---|
| Le texte existe ailleurs | Oui, chez chaque client du même prestataire | Non, il n'existe qu'à cet endroit |
| Ce que Google peut distinguer | Rien de propre au cabinet à indexer | Un angle, un vocabulaire, une pratique réelle |
| Ce que lit un prospect | Un texte générique, déjà croisé ailleurs | Une réponse à sa question, écrite par ce cabinet |
| Ce qu'il coûte au cabinet | Un abonnement fixe, sans travail supplémentaire | Du temps de rédaction ou une prestation dédiée |
Ce qu'un CGP peut écrire sans sortir de son cadre
La réserve n'est pas seulement une question de référencement. Toute communication d'un conseiller en investissements financiers, y compris celle qui figure sur son propre site, doit rester exacte, claire et non trompeuse. C'est l'exigence que pose l'article 325-5 du règlement général de l'AMF, rappelée dans le guide de l'AMF sur les communications à caractère promotionnel. Un article générique, écrit pour cinquante cabinets à la fois, ne peut par construction refléter la pratique réelle d'aucun d'entre eux : il ne ment pas, mais il ne dit rien non plus sur ce cabinet précis.
Un CGP n'a pas besoin d'un témoignage client ni d'un chiffre de performance pour se distinguer, deux choses que sa profession encadre strictement. Il lui suffit de traiter une vraie question, posée par de vrais clients, avec le vocabulaire de sa pratique : l'article publié après l'entrée en vigueur des nouvelles règles de démarchage en est un exemple, il ne pouvait exister ailleurs que sur un site qui parle réellement à des CGP.
Trois signes qui trahissent un article de série
- Une phrase entière de l'article, copiée entre guillemets dans Google, fait remonter d'autres sites de cabinets avec la mise en page identique.
- Le nom du cabinet n'apparaît nulle part dans le corps du texte, seulement dans le titre ou la signature ajoutés par le prestataire.
- L'article parle « des Français » ou « des épargnants » en général, jamais d'une situation ou d'une région que ce cabinet connaît vraiment.
Le même réflexe de vérification s'applique à n'importe quelle profession réglementée. Les cabinets comptables nés après l'ouverture de la profession à la publicité ont souvent construit leur présence en ligne sur l'inverse exact de ce défaut : des textes écrits pour répondre à une question précise, pas pour remplir un calendrier éditorial commun à tout un réseau de clients.
Ce qu'il reste à faire une fois le constat posé
Un cabinet qui découvre que son blog est un texte de série n'a pas besoin de résilier son contrat le jour même. Le contrat couvre souvent l'hébergement, la maintenance et la conformité technique du site, pas seulement les articles. La bonne question à poser au prestataire est plus simple : qui écrit ces textes, et combien de clients reçoivent le même exemplaire le même jour ? La réponse dit tout de suite si le blog du cabinet ressemble encore à celui de son voisin.
À partir de là, deux voies existent. Reprendre la main sur un ou deux articles par mois, en partant d'une vraie question posée en rendez-vous, sans toucher au reste du contrat. Ou confier cette part précise à quelqu'un qui écrit pour ce cabinet et pour aucun autre, ce qui suppose de connaître sa pratique, pas seulement son logo. Dans les deux cas, l'objectif reste le même : que le texte publié n'existe qu'à un seul endroit du web, celui du cabinet qui l'a écrit.
Questions fréquentes
Publier le même article qu'une dizaine d'autres cabinets expose-t-il à une sanction de Google ?
Non, il n'existe pas de sanction automatique pour contenu dupliqué à proprement parler. Google explique qu'il regroupe les pages presque identiques et n'en retient qu'une pour ses résultats. Le risque n'est donc pas une pénalité, c'est l'absence de bénéfice : rien ne garantit que la version retenue soit celle du cabinet.
Comment savoir si mon blog est un contenu fourni en série ?
Copiez une phrase entière d'un article récent entre guillemets dans Google. Si d'autres sites de cabinets, avec une mise en page proche de la vôtre, remontent avec la même phrase, l'article vient d'un fonds commun distribué par le prestataire.
Faut-il supprimer les anciens articles fournis par mon prestataire ?
Pas nécessairement. Les retirer n'aide en rien si rien ne les remplace. Mieux vaut consacrer le temps disponible à de nouveaux articles propres au cabinet plutôt qu'à un nettoyage de l'existant.
Un article rédigé pour mon cabinet doit-il forcément parler de moi ?
Non. Ce qui le distingue n'est pas la mention du nom du cabinet mais l'angle : une question que posent réellement ses clients, traitée avec le vocabulaire de sa pratique, sans jamais nommer de client ni citer un dossier réel.
Combien de temps prend la rédaction d'un article vraiment propre au cabinet ?
Il n'existe pas de donnée officielle sur ce point précis. En pratique, un texte construit autour d'une vraie question de client demande plus de travail qu'un copier-coller, mais un rythme d'un ou deux articles par mois reste tenable pour un cabinet sans service marketing.
Le contenu dupliqué affecte-t-il aussi la fiche Google Business du cabinet ?
Pas directement : la fiche fonctionne sur d'autres signaux, avis, catégorie, régularité des publications. Mais un cabinet qui n'a jamais rien écrit d'original a aussi moins de matière propre à relayer depuis sa fiche, ce qui limite l'ensemble de sa présence en ligne.
Louis Denis, Orbe Studio
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